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Présentation


Le 28 juin 2021, s’est constituée l’association (Loi de 1901) Philologie de l’avenir, qui a pour objet de promouvoir la recherche scientifique et d’œuvrer à la publication de travaux savants dans le domaine de l’étude philologique (linguistique, historique, bibliologique, critique, herméneutique et poétique) de la littérature antique, médiévale et moderne, et pour but, de fonder et d’animer un centre national ou international de recherches privé, mixte ou public dédié à cette étude et portant le même nom qu’elle.

La philologie de l’avenir doit être un art de lire, c’est-à-dire d’interpréter (repenser et expliquer), traduire, éditer ou récrire les textes anciens et modernes. Ce n’est assurément pas une science, ni une méthode, car il n’existe pas de lecture parfaite d’un texte (même pour une époque donnée) et encore moins de système de procédures permettant d’aboutir à une telle lecture. C’est au philologue d’inventer, pour chaque texte, la méthode qui va lui permettre d’en donner la lecture la plus féconde possible ; et l’élaboration de cette méthode, qui est certes suggérée par le texte à lire ou à éditer, dépendra de sa sensibilité propre, de ses lectures personnelles, de ses connaissances singulières, de ses compétences scientifiques particulières et de la sûreté de son jugement, c’est-à-dire de son génie. C’est donc un art : un art de lire faillible, un « art de lente lecture » qui cherche à « repenser pas à pas ce qu’un autre a déjà pensé », à restituer ou récrire ce qu’il a écrit, et qui, considérant les textes comme des objets historiques, en contrôle l’authenticité, en vérifie la lettre et en limite l’interprétation en recourant à une foule de disciplines plus ou moins scientifiques, comme la grammaire historique, la lexicographie, la parémiographie, la métrique, l’épigraphie, la papyrologie, la codicologie, la paléographie, la bibliographie matérielle, l’histoire, l’histoire du livre, de la littérature, de la philosophie, des textes, des sciences, etc. Autrement dit, c’est un art de lire qui fait du lecteur l’éditeur virtuel du texte lu : éminemment grammatical, il est aussi corrélé à la poétique, c’est-à-dire à l’art d’écrire, et peut aussi transformer le lecteur en écrivain créatif.

La philologie de l’avenir n’érige donc aucune séparation intangible entre les textes anciens et modernes, quelles que soient les langues dans lesquelles ils ont été écrits : si elle s’occupe surtout des textes gréco-romains et français, c’est que ses promoteurs sont français et restent ainsi tributaires de la tradition des lettres classiques. Mais ils sont tout prêts à accueillir des philologues venus de tous les horizons. Cet art de lire préside à une pratique critique et ecdotique qui reste en définitive soumise à une réflexion herméneutique : l’interprétation du tout guide l’établissement du texte, qui oriente à son tour l’interprétation du détail et du tout. S’inscrivant dans une perspective matérialiste et historique, la philologie de l’avenir est fondée sur une analyse bibliologique et historique des sources manuscrites et imprimées : elle limite ainsi l’interprétation par les données procurées tant par l’histoire de la culture que par celle de la langue, des textes, des exemplaires (manuscrits ou imprimés) et des collections. C’est enfin un art qui progresse par l’analyse de ses propres pratiques et l’étude de son histoire.

L’association Philologie de l’avenir soutient d’ores et déjà différents projets d’édition critique de textes anciens et modernes : Écrits rythmiques d’Aristoxène de Tarente, disciple méconnu d’Aristote, Traités grecs Sur les tropes, Astrolabica, Œuvres complètes de l’humaniste sceptique François de La Mothe le Vayer (1583-1672), etc. Elle a mis en chantier l’édition de plusieurs correspondances érudites des 16e-17e siècles : Lettres de l’imprimeur helléniste Henri Estienne (1528-1598), Lettres parisiennes du philologue et bibliothécaire du roi Nicolas Rigault (1577-1654) et Correspondance croisée du sulfureux helléniste Jean-Jacques Bouchard (1606-1641). D’autres suivront. Elle envisage aussi la réédition d’anciens ouvrages érudits, tels que Les correspondants de Peiresc dans les anciens Pays-Bas (1943) de Raymond Lebègue. Elle s’est encore lancée dans la préparation de deux ouvrages de référence : un Album paléographique des hellénistes français des 16e-18e siècles et un Répertoire des éditions princeps publiées en France, en plusieurs forts volumes.

 Depuis septembre 2022, Philologie de l’avenir publie une rubrique mensuelle de deux pages dans Bastille Magazine : les huit premiers articles parus ou à paraître dans cette revue traitent respectivement du faux Papyrus d’Artémidore, de la corruption et de la restitution des anciens textes grecs, de la politique de François Ier en faveur de l’hellénisme, de la formation philologique de Jean-François Champollion, des liens qui unissent philologie et liberté, de la séparation trop tranchée qui est ordinairement établie entre manuscrits et imprimés, de la valeur des éditions princeps et de la restitution des textes lacunaires. L’association co-organise, avec le Centre d’Études et de Recherches Comparatistes (Paris 3) et Camille Noûs (Cogitamus), un séminaire de recherches sur « L’index, créativité d’une pratique de lecture », qui aura lieu, dès janvier 2023, un samedi par mois, à la Sorbonne-Nouvelle. Dès 2023, elle disposera enfin d’une bibliothèque de recherches, d’un site internet (philologiedelavenir.fr), d’un bulletin d’information numérique et d’une collection de livres imprimés aux Éditions Anacharsis.

Mais pour tout cela, Philologie de l’avenir a besoin de votre soutien : rejoignez-nous donc, comme l’ont déjà fait Magali Année, Christine Bévévent, Anne-Marie Bernardi, Jean-Pierre Cavaillé, Gisèle Cocco, Sylvain Dambrine, Gilles Dorival, les Éditions Anacharsis, Jean-Philippe Guichon, Louis Hauseux, Rémi Jimenes, Pierre Leveau, Antony McKenna, Takeshi Matsumura, Romain Menini, Alain Mothu, Grazia Nicosia, Didier Pralon, Sophie Rabau, Jean-Roch Siebauer, Jean-Victor Vernhes, Pierre Vesperini et bien d’autres !

Les co-secrétaires de l’association :

Laurent Calvié, Docteur en littératures anciennes (TDMAM-UMR 7297 & SAPRAT-EA 4116) et Directeur de la collection « Essais – Philologie » aux Éditions Anacharsis de Toulouse & Lucien Grisoni, Docteur en Philosophie (IHRIM-UMR 5317)

Contact : philologiedelavenir@gmail.com