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Répertoire des éditions princeps


L’absence d’étude systématique des anciennes éditions princeps de textes grecs laisse en suspens nombre de questions qui intéressent au plus haut point l’histoire de la philologie classique : l’essentiel de la littérature grecque a-t-il été imprimé avant le milieu ou la fin du 16e siècle, ou bien encore plus tard ? Les anciennes éditions princeps reposaient-elles sur un témoin manuscrit unique et quelconque (le plus facile à lire et le plus récent), ou bien occasionnaient-elles une (ébauche de) recension de la tradition manuscrite ? Étaient-elles davantage l’affaire de typographes que de véritables philologues, ou bien ces typographes étaient-ils précisément de tels philologues ? Consistaient-elles essentiellement en la simple reproduction d’un modèle manuscrit ou bien donnaient-elles lieu à un établissement raisonné du texte à publier ? N’apportait-on à ce témoin que de rares corrections introduites dans le texte au cours même de l’impression ou bien était-il l’objet d’une lecture critique systématique ? N’accordait-on enfin si peu de valeur à ces témoins uniques qu’on n’hésitait pas à les dépecer pour en faciliter l’impression et qu’on ne leur accordait ensuite plus le moindre intérêt, ou bien y avait-il des savants soucieux de les conserver ?

La philologie classique ne se réduit certes pas à l’édition des anciens textes grecs, et son histoire ne saurait donc se résumer à celle de leurs éditions princeps. Mais l’édition de ces textes est tout de même l’une des principales activités des philologues classiques, et l’absence de réponses circonstanciées à ces questions entrave assurément toute étude historique de leur discipline. Or, tant qu’on n’aura pas inventorié et analysé, sinon l’ensemble, du moins la plupart des anciennes éditions princeps de textes grecs, on ne sera pas en mesure d’apporter de telles réponses à ces questions. Il est donc urgent que les historiens de la philologie recensent toutes celles qui ont été publiées avant la Darstellung der Alterthums-Wissenschaft (1807) de Friedrich-August Wolf (1759-1824), dont on date ordinairement la naissance de la philologie moderne (allemande). Philologie de l’avenir a donc entrepris l’établissement d’un Répertoire des éditions princeps de textes grecs publiés en France.